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Le 8 janvier 2026, l’émission 8 milliards de voisins sur Radio France Internationale posait une question devenue centrale à l’heure des aléas climatiques :
« Face aux sécheresses et aux inondations, peut-on cultiver la pluie ? »
Une question simple en apparence, mais profondément politique, écologique et culturelle.
Selon RFI : « Peut-on cultiver la pluie comme on cultive les légumes ou les céréales ? Entre les inondations et les sécheresses, l’eau est soit trop présente, soit pas assez, jamais là où et quand on en a besoin. La tentation de la discipliner est donc grande. Car les dérèglements climatiques en cours n’auront de cesse d’accentuer ces phénomènes. En bétonnant les sols pour les routes et les bâtiments, en pratiquant une agriculture intensive, en détruisant les mangroves ou les zones humides, l’homme a également perturbé le chemin de l’eau. Le sol n’ayant plus la capacité d’absorber l’eau suffisamment. Il est néanmoins possible, grâce à des réaménagements, à la plantation d’arbres et de haies, d’aider l’eau à retrouver sa juste place. Entre rigoles drainantes, jardins de pluie, et villes éponges, quelles sont les initiatives pour restaurer le chemin de l’eau ? Sont-elles déployables à grande échelle ? »
Restaurer le chemin de l’eau
Animée par Emmanuelle Bastide, l’émission a rappelé un constat désormais bien documenté : l’eau n’a pas disparu, mais son chemin a été brisé.
Artificialisation des sols, agriculture industrielle, destruction des zones humides, des haies, des mangroves et des forêts : en voulant dominer l’eau, nous avons rompu les équilibres qui permettaient son infiltration, son stockage, son ralentissement et sa redistribution dans les paysages.
Résultat :
- trop d’eau, trop vite → inondations
- plus assez d’eau, au mauvais moment → sécheresses
Pourtant, des solutions existent. Elles sont connues, éprouvées, et souvent anciennes :
arbres, haies, sols vivants, noues d’infiltration, jardins de pluie, paysages ralentisseurs, villes éponges.
Ce sont précisément ces approches que défend et documente le travail autour de « cultiver la pluie ».
L’émission s’est déroulée avec :
• François Rouillay, chercheur-formateur en résilience alimentaire et sécurité publique. Co-auteur avec Sabine Becker et Marc Khanne de Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l’eau (Terre vivante, 2025).
• Sabine Becker, ingénieur-urbaniste, autrice, conférencière. Co-autrice avec François Rouillay et Marc Khanne de Cultiver la pluie et restaurer le chemin de l’eau (Terre vivante, 2025).
• Lionel Goujon, Responsable de la division Eau et Assainissement à l’AFD.
Écouter l’émission en Podcast sur RFI.
